Le rosé : comment c’est fait ?

fabrication du vin rosé

 

Certains le savent, d’autres non, il y a ceux qui n’osent pas poser la question ou pire encore, ceux qui pensent qu’ils savent et qui vous répondent : « Le rosé ? Et bien ! C’est du vin rouge et du vin blanc mélangés ! » !!! Comment ne pas avoir les poils qui se hérissent à l’écoute de cette réponse farfelue !

Désolé de vous décevoir mais NON !!! On ne fait pas du rosé avec du raisin rose (ca n’existe pas, ou peu !), ni en mélangeant deux vins de couleurs différentes (trop facile !), et encore moins en diluant du vin rouge à l’eau (certains rosés ne sont pas au top, mais là tout de même…!) !

Ces idées sont pour le moins cocasses mais très loin de la réalité. Laissez-nous plutôt vous expliquer comment se façonne ce joli vin rosé qui illumine nos tables estivales.

Pour commencer, il faut connaître la base de la vinification classique, à savoir le choix des baies

Les raisins ont tous la chair blanche (pulpe), puis la peau, blanche ou noire. Seule cette peau donne au vin (lors de la macération) sa couleur grâce aux anthocyanes (pigments colorants) qu’elle contient.

Le vin rouge a besoin de raisin à peau noire pour avoir de la couleur, mais le vin blanc peut être vinifié avec les deux types de raisins puisqu’on utilisera simplement la pulpe et pas la peau.

Pour notre rosé, on utilisera donc des raisins noirs, les mêmes qui servent à l’élaboration du vin rouge pour obtenir un peu de coloration.

Après ca se complique légèrement, alors on va essayer de faire simple. Il est déjà bon de savoir que le rosé peut être élaboré de 2 manières différentes, il sera un rosé dit de saignée ou alors, un rosé de presse.

Le rosé de presse : Après la vendange, on sépare les baies de la rafle, on foule le raisin pour éclater les baies, puis on les presse. Pendant ce pressurage, la pulpe s’écrase contre la peau et donne un jus rosé.

Le rosé de saignée : Après la vendange, on sépare les baies de la rafle, on foule le raisin, mais on ne le presse pas. Comme pour les vins rouges, on le laisse macérer en cuve mais moins longtemps (en fonction de la couleur que l’on souhaite obtenir) puis on écoule la quantité voulue de jus rosé par le bas de la cuve. On pourra alors continuer notre macération sur le reste de la cuve pour faire du vin rouge.

Dans les 2 cas, le jus obtenu part en fermentation pour transformer le sucre qu’il contient en alcool, on obtiendra alors un vin rosé.

Le rosé et les préjugés :

 

Plus le vin rosé est foncé, plus il est fort en alcool : FAUX ! La fermentation alcoolique ayant lieu après l’étape de la coloration, la couleur n’influe pas sur le degré d’alcool. Bien essayé !

Le rosé ne se garde pas : VRAI ! Le rosé a tendance à perdre ses arômes et sa couleur avec l’âge. C’est parce qu’il contient peu de tanins et de pigments colorants du fait que le jus soit resté en contact très peu de temps avec la peau (surtout pour le rosé de presse). A boire vite (2 ans) !

Et voilà ! Vous pourrez à présent frimer en étalant votre savoir autour d’un table ou d’un verre… de rosé !

Bonne dégustation !

Julie COLMENERO

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